samedi 25 septembre 2010

Sous marine.

Aprés "Submarino", la base sous-marine:
A PARTIR DE CE SOIR JUSQU'A SAMEDI !
La Comp. Marius s'installe pour 4 représentations de la trilogie de Pagnol sur les rives de la Garonne.
Pagnol interprété par une compagnie flamande cela pourrait sembler aussi incongru qu'une barquette de frites accompagnée d'un pastis et pourtant... Cette soirée fleuve, hommage aux textes de Pagnol, a tout pour vous séduire.
Entre les deux parties du spectacle les artistes vous feront passer à table pour partager un vrai repas méditarénéen.
image
Fanny, Marius, César
Comp. Marius [Belgique]
à voir | Bordeaux | Parking de la base sous-marine
mercredi 22 et jeudi 23 septembre à 19h
vendredi 24 septembre à 20h et samedi 25 septembre à 11h
TARIFS :
PLEIN TARIF 30€ / TARIF REDUIT
27€ acheter !
Le Carré-Les Colonnes, Scène conventionnée / Etablissement Public de Coopération Culturelle /
BP 90009 / 33165 Saint-Médard-en-Jalles cedex
Administration : 05 56 95 49 02 - Billetterie Carré : 05 57 9318 93 / Billetterie Colonnes : 05 56 95 49 00

mardi 21 septembre 2010

Submarino.

Submarino.
Thomas Vinterberg.
Nick allume une cigarette. Il a ...quoi? 10,12 ans? Il a aussi et surtout un bébé dans les bras. Un nourrisson, deux garçons, une mère qui rentre pour distribuer des tornioles et s'endormir dans sa pisse et son vomi. Nick détenteur de l'autorité est à peine plus âgé que son cadet. Souvent, les deux frangins volent la nourriture, fument les clopes et boivent le Vermouth de la"maman" Pas grave: ça permet de déconsigner les bouteilles vides pour acheter du lait en poudre. Nick et son frère cherche un prénom dans l'annuaire et baptisent le bébé.
La nuit de trop. Alcool, cigarettes et sono à fond. Ne pas entendre les pleurs. Seuls, fêter l'évènement. Au matin, Martin, le petit frère fraîchement baptisé à l'arrache, est mort.
La mort subite du nourrisson, ça s'appelle. Moi, j'opte plutôt pour la mort subtile du bébé qui reprend ses billes, pas client de cette vie qui démarre mal.
Bienvenu dans "Submarino" de Thomas Vinterberg déjà remarqué pour "Festen", un règlement de compte familial.
"Submarino"n'est pas un documentaire sur la vie des sous mariniers, c'est la vie qui touche le fond. Celle des enfants qui grandissent sans s'élever. Les mals embarqués qui ne feront jamais surface. Une enfance en apnée pour des vies qui s'essouffleront.
Poils au menton et vingt ans plus tard, Nick pousse de la fonte et descend des bières. Il sort de sa piaule à la demande de Sofie pour un petit câlin. Sofie est mère sans enfant. Les services sociaux lui transmettent les dessins et les lettres gribouillées mais pas l'enfant qu'ils lui ont retiré. Nick sort de son foyer pour stationner devant une cabine téléphonique. Il tape sur le clavier un numéro tiré d'un bout de papier froissé. Il tire rarement le bon numéro! Il tape aussi sur la machine sourde à ses appels au secours.
Quand tu as passé ton enfance de foyer en famille d'accueil, abandonné par une "mère" alcoolique avec un frère dans la nature et l'autre dans un petit cercueil blanc, t'as le droit d'en vouloir un peu à la vie et aux cabines téléphoniques. Nick se brise la main qu'il faudra amputer, mais pas de suite. Plus tard, quand il sera en prison. Pour le moment, il va souffrir un peu et se soigner à la gnôle. Pas grave: cette main l'innocentera d'un crime qu'il s'est attribué pour sauver la mise à Yvan. Yvan, c'est le frère d'Ana. Ana, c'est la femme de sa vie qui aurait pu être "normale". C'est aussi le nom tatoué sur cette  main meurtrie et marquée, bientôt coupable. Ana s'est coupée assez vite de la vie et de la compagnie de cet enfant cassé casé dans un corps d'athlète qui s'éveille en sueur les nuits de fièvre, de cris et de larmes. Elle avorte de Nick, de son mal-être et de l'embryon qu'elle porte. Nick ramasse Yvan sur le trottoir.Sans doute parceque quand il est avec lui, il est avec elle.
Yvan est obèse et légèrement neu-neu.
Difficile à caser. Pourtant plein d'affection, il a un soucis avec les filles: il les étrangle quand elles crient.
Sofie ne crie pas quand Yvan la touche. L'ami de son amant est son amant. Nick se retire quand l'Obaise retire le O avec Sofie.
Sofie a dû crier puisque Yvan l'a étranglée.
Nick n'a d'autres cadeaux que sa liberté à offrir à Ana. Il endosse le crime d' Yvan et se retrouve dans une cage encore plus petite que sa vie. Pas grave: il retrouve son frère cadet. Père, célibataire, toxico, dealer maladroit. Au placard pour toute l'enfance de Martin. Martin! Comme le petit frère mort le jour de son baptême. Le père et le fils ont chacun le Z de Zorro dans la poche. Le justicier just'àtemps les réunira. Promesse d' un soir d'optimisme et de frigo plein.
Nick:
"- c'est toi frérot?
Il y a des barreaux de prison bien solides entre les deux frères et de l'amour intact et costaud.
- oui!
- il y a longtemps que tu es là?
- trois semaines.
- maman est morte!
- je m'en fous!
- tu as été un bon grand frère, tu as fait ce que tu as pu.
- qu'est-ce que tu dis?
- j'ai un fils: Martin.
- où est Martin?
- Je ne sais pas, moi aussi j'ai fais ce que j'ai pu.
- qu'est-ce que tu dis?
- je m'arrête là, Nick!"
Les portes claquent. La promenade est terminé. La parenthèse entre les frères aussi.
Les barreaux sont costauds comme la fraternité, mais juste un peu plus: Nick ne pourra empêcher le suicide de son cadet!
Innocenté parce qu' il était impossible d'étrangler Sofie d'une seule main, l'amputé sort de prison.
Martin, néo orphelin à temps plein, a un plan B pour retrouver papa: Martin se souvient.
"- tant que tu porteras cette lettre sur toi, nous serons ensemble!"
La lettre Z comme Zorro qui réunira le père et le fils.

Voilà pourquoi on retrouvera Martin pendu dans l'église au dessus du cercueil blanc de son papa.
Ce Zorro, quand même, c'est vraiment un justicier!

"- Cela ne se fait pas de raconter la fin d'un film!
- ce n'est pas la vrai fin.
- alors?
- alors, c'est la mienne car je ne survivrai pas à un "Submarino II !"

B2-C2.Touché, coulé!
Abscisse et ordonnée, l'image et le son aussi lucides qu'une lame de rasoir viennent de  trancher ton manichéisme en deux. Cherche pas où est le bien, où est  le mal, ce sont juste des vies de merde qui existent quelque part dans le monde d'en bas. Cherche pas l'enfer, cherche pas le paradis, les parallèles jamais ne se rejoignent. Elles se cotoient. Parfois assez proche l'une de l'autre!
Linéaire, sans rupture de rythme, le film démarre haut dans l'abscisse et ne retombe jamais avant le générique de fin et toi tu oublieras de râler parce que tu ne trouves pas de place pour garer ta bagnole, passque là mon gars, ma gamine, y a du malheur!

samedi 18 septembre 2010

Pharmachienne.

"pour un jeu de dupe
voir sous les jupes
des filles"
C'est pas moi, c'est Alain.
Il y a sous les jupes des filles ce qu'il y a dans la tête des hommes, n'est-il pas, Tom ?

"Tom aperçoit sa pharmacienne faisant la queue à Karouf pour se faire encaisser.
Veste cintrée et taille bien prise, son visage sophistiqué dépasse du col montant bordé de fausse fourrure. Harmonie de noir et de blondeur, une fraise pour la bouche, des cils comme des virgules avec un regard qui clignote. Sa cambrure suggère une levrette à peine amorcée et ses jambes galbées de noir disparaissent mystérieusement sous une jupe en forme d'abat-jour, comme une incitation tacite à venir lui changer l'ampoule.
Bas ou collant?
Des bas, qui désormais se passent d'accessoires compliqués pour vaincre la pesanteur, et rien d'autre.
Tom s'imagine Zébulon à ressort,  invisible, lever la tête sous la cathédrale de sa jupe et apercevoir dans une pénombre fraîche, une clarté rose fushia ourlée d'un liseré sombre subtilement doré, sautiller vers cet eden secret, et s'enivrer de ses exhalaisons.
Dieu existe.
Féminin et véritablement blonde.
Aujourd'hui le médicament se vendra bien!
Quoique? Tom fait le rapprochement avec une info du jour: Pziffer Europe va licencier une charrette de pue-la-sueur de ses usines. 
Pziffer, c'est le fabricant du Viagra!
Avec elle et sa garde robe qui ne garde pas sa vertu, rendu inutile.
Au foot cela s'appelle marquer contre son camp! Qu'importe : cette pharmachienne raisonnablement allumeuse et résolument avisée vend aussi des préservatifs.
La complice de vie de Tom arrive à l’improviste, câline, propose un café et..... Lit par dessus son épaule:
« -elle te branche la pharmacienne?
-euh… »
Elle ne se vexe pas.
Elle sourit.
Elle connait l'obscure mécanique du désir.
Elle en connait aussi la bénéficiaire!"

mercredi 8 septembre 2010

y pleut? Cinéma:Des glaçons qui vont faire(un peu) de bruit.2/2

Être et avoir été, le temps d'un été.
Voilà, terminarés. Les cigales arrêtent de frimer pour s'expliquer avec des fourmis à têtes de banquier ou de mari n'en déplaise au père Lafontaine et aux marris*. Pendant que se négocient les comptes à découvert, la réalité couvre les contes estivaux d'un voile pudique à taux d'usure tandis qu' à "L'hôtel de la plage" Ceccaldi récupère son Alfa et son dériveur, Guy Marchand range les cannes à pêches et Myriam Boyer remonte sa jupe pendant que l'amant des cinq minutes, et du souvenir d'une vie, referme sa braguette. Rupture, raison, maison, concessions, coquillages et crustacés, tout le monde rentre au bercail avec de nouveaux secrets.
Myriam Boyer! Je ne l'avais pas revu depuis ce film de 78 ("Hôtel de la ..").
Myriam Boyer, Anne Alvaro, deux belles vies!
L'une est le cancer ( du galbe d'un sein*)de l'autre dans le glaçant,mais bruyant, fracas des glaçons :
"-Anne Alvaro est belle....

- tu déconnes?
-m'emmerde pas! j'te dis qu'elle est belle! Elle serait répudiée au casting pour te vendre une bagnole ou des yaourts, un peu distanciée des beautés officielles de potiche, celles qui valorisent les Narcisses et celle qui fait bander les impuissants. Hors le monde où le minimum syndical se mesure à l'aune des 95/60/95 elle, elle a les traces que laisse la beauté des amours et des rires, des bringues et des pleurs, des lendemains de fêtes et des sorties de tombeaux. Il y-a-t-il de l'amour sans joies? De la joie sans souffrances? Et des souffrances sans cicatrices?
Donc, Anne Alvaro est belle et ça se voit!" (petit syllogisme en passant vite fait)
Le dernier B.B (Si je dis:"Bertrand" ça fait genre: c'est un pote, si je dis:"Blier", ça fait critique hautain, alors ce sera: "B.B"), parle de cancer et de beauté, d'amour de la vie et de la vie malade (quelquefois)  de l'amour, cette métastase des coeurs, cette tumeur des cervelles. Une vrai vacherie, ce truc! Pas quand il arrive à l'improviste, tu rajoutes une assiette, mais quand il se barre sans prévenir.
"-J'aime pas Blier, j'aime pas Alvaro, j'aime pas Boyer, j'aime pas Dujardin, j'aime pas Dupontel......"disent en choeur les procureurs.
Balles neuves:
J'estime qu'il faut Entrer plutôt que Rentrer dans un film, un livre, comme dans une relation nouvelle avec la nèo virginité d' un oeil inédit afin de ne pas faire payer des précédentes mauvaises rencontres, à Blier ses "Valseuses" et sa "Tenue de soirée", à Alvaro, son "goût des autres" et à Boyer, son Astérix de Cornillac* sous prétexte que l'on n'a pas aimé le fils de l'une et les films des autres.
"- T'as pas aimé les films de Blier, le cinéma d'Alvaro et les concessions alimentaires des autres, c'est cà?
- trop pas! Mais c'est un prolepse devançant celle qui dira qu'elle n'aime pas "Braïce de Naïce" ou "Bernie"!
-Pfffff, t'es compliqué, quand même!"
Je ne suis contre rien ni personne. Ou alors, tout contre, genre blotti, calin.
N'empèche, je peux comprendre l'irritation provoquée par B.B de mettre à l'horizontale deux êtres humains dés qu'ils se rencontrent surtout et parce qu'ils sont incompatibles, socialement ou sexuellement ("on" dit que Michel Blanc a morflé SOUS Depardieu, quand à Balasko dans "Trop belle pour toi", "Préparez vos mouchoirs"). Alors, il faut se résoudre à voir la très digne interprète de "Phèdre" et "d'Antigone" à quatre patte avec OSS 117 accroché à ses hanches afin de satisfaire le goût du taulier pour le melting pot social à coup d'amours ancillaires.
Pour l'instant il s'en tient aux êtres humains, le BB, mais la bonne au pieu avec le patron et le fils du patron ça fait un peu bonne à tout faire (en alternance, pas simultannément quand même!).
M'enfin les images de Blier sont surtout des dialogues: Le gars qui reçoit son cancer à l'interphone et lui demande de repasser plus tard. La maladie est bel et bien une ubiquiste présence omnisciente. Celle bien mise d'un costume trois pièces à l'oeil allumé et les frisettes de Dupontel qui impose sa visite importune et qui  insiste. C'est plus futé que la lettre du labo sur le guèridon  de l'entrée qui attends que tu ais les cojonès* de l'ouvrir pour savoir comment vont tes seins(sic*)et cela permet une richesse de situations entre pittoresque et grand guignol.
Alors le cancer principal oui, bien sûr, c'est celui de Dujardin joué par Dupontel mais, cherchant la présence des filles, je me suis aperçus que la galerie photos était exclusivement masculine. Alors si B.B a l'intelligence d' infliger une tumeur au cerveau au lieu d'une cirrhose du foie à son écrivain alcoolique évitant ainsi une leçon de morale poisseuse en forme de parisose: "boire ou mourir il faut choisir", il est dommage qu'il n'y ait pas plus d'hommages visuels à ces deux beaux rôles féminins dans son dossier de presse.
Et s'il ne faut réduire les dialogues qu' à un seul, je choisis celui  entre l'écrivain et son ex sur le départ laissant leur fils:
"-Pars, va  cacher ta beauté, je te verrai dans ses yeux".
La bande son, de Ravel à Félix Leclerc, se termine malheureusement par une version du très usé "Ne me quitte pas" qui donne envie à beaucoup de quitter la salle in petto.
Il y a pourtant de quoi bouffer dans cette bonne toile !

*laisse, c'est le verbe!
*laisse, chuis crevè.
* (*astérisque (et périls): rôle de Clovis et fils de madame Boyer.
* attribut sexuel mâle chez Almodovar.
* c'est les unes ou les autres, si t'as les deux t'es brésilien et tu taffes au bois.

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