dimanche 22 avril 2012

Changement d'heure


Bon heur ou mal heur?
J’ai presque pas touché au mojiiiito. J’ai tutoyé un Saint Emilion de 75 dont j’ai oublié le nom et j’avais des projets pour une téquila que j’avais qualifiée en finale.
T’es cool, sous anesthésie générale et en pleine comédie du bonheur et là… une main invisible dépose un vieux vinyl sur une platine ancienne pour un diamant disparu. "Les Platters" se mettent à geindre : « Only yououou ».
T’as aimé une fois, après, tu meubles. Autant vivre heureux. En attendant.
Cueilli: le silence n'est pas l'oubli. Arnaud Stalgie, despote, addict à la mélancolie, adepte de la  dictature du souvenir, pointe sa face de carême. L'écouter c'est avancer sans progresser, il est en boucle le gars. C’était mieux avant.
J’avais Durandal entre les jambes, et maintenant Damoclès sur la tête. Et alors ? Je n’attaque plus la roche au marteau piqueur je la caresse, lui parle et surtout, surtout, l’écoute jusqu’à ce que la claire source jaillisse. A moi les longues glissades et les douces rudesses. Il ne reste qu’une option : fuir! Tom B. Dunid, à toi de faire!
"[.....ces poumons avaient lâché l'affaire. J'avais quitté son monde pour la retrouver dans le corps de celui qui l'avait aimé avec vingt ans de mieux. J'étais invulnérable. Elle, ne l'était pas!] "
Aux premières notes, il tangue et il titube, tenant dans ses bras un fantôme encore chaud.
La maison vide de meubles dans sa nouvelle solitude et son ancienne obscurité revenue sent déjà la froidure prochaine. Il incline la tête. Ses pas glissent au tempo lent du dernier slow.
Dans la nuit, une étoile filante passe que des milliards d'yeux ne voient pas. Un phare, une luciole, un deuxième soleil juste pour l'éclairer un petit peu lui, car les autres passagers de la petite boule bleue qui tourne autour de la grande brillante à 100 000 km/H sont devant la télé. Tom, l'étoile et l'intersection improbable.
Tout à l'heure, si tout va bien, il sera en Espagne.
Il y est déjà, à vrai dire:
La sierra de Guara, le désert des Bardenas et les copains.
A deux heures du matin il règne une ambiance de Western et tout à l'heure les VTT remplaceront les chevaux du coté de Nocito, San Urbez et Rodellar. Tom, tandis que les potes installent le bivouac, va faire connaissance avec le paysage éclairé par la clarté lunaire ou l'impossible parhélie, va savoir! 
Pèlerin nostalgique, il se souvient de l'arrivée à Bilbao, dans une autre vie, sur la route du "Guggenheim" par la "plazza corazon del Jésus"et son "Corcovado" réplique de celui de Rio.
Il se souvient de la falaise au dessus du canyon de Mescùn.
Combien de mètres y a-t-il de lui jusqu'au sol? Cent, deux cent? Un peu par bravade il s'approche du vide et mime, les bras en croix dans un souvenir de gamin à la piscine, le geste du "salto del Angel" de l'homme de Rio. Les orteils dépassent de la roche comme jadis minot sur le plongeoir du grand bain, pour ressentir cette délicieuse impression de rater une marche lorsqu'il donnait à son petit corps l'impulsion de l'envol.
Il relève le col de son blouson frissonnant de vent, de vertige et d'émotion. Touché par un réflexe prudent, il tente de reculer.  Hélas Tom B. Dunid dit intelligence à J+1, le mec en bas débit est monté à l'envers ou s'agit-il d'une confusion ergonomique avec le blouson qu'il faut fermer et la montre qu'il faut avancer? Débordé, il fait un pas en avant en cherchant la fermeture éclair.
Alors le changement  d'heure, bien, pas bien? Faut voir à "l'arrivée".
Trop tard!
Un souffle qui passe, surnaturel et mystérieux le précipite dans le précipice. L’accélération fantastique et le vent de la chute fait claquer sa peau. Il ouvre la bouche de surprise comme on ouvre un dérisoire parachute. En apnée et en apesanteur, la pomme vivante va dans quelques secondes valider les théories de Newton sur l’attraction terrestre.
L'apesanteur, c'est comme le bonheur: faut savoir le faire durer. Le sol est déjà là qui vient à sa rencontre en avance pour le rendez-vous avec le monde de l'en dessous. L'avenir, c'est maintenant.
Il met les mains jointes en avant par réflexe défensif, protecteur et dérisoire. L'air s'engouffre dans le blouson, le déshabille et emporte le vêtement. Qu'importe, il parait qu'en enfer c'est assez bien chauffé.
C’était écrit: Main invisible – Platters - platine - diamant - femme - disparue- envol- souffle qui passe.
Marrant ce pas en avant quand il aurait suffit d'un repli stratégique pour s'éviter la chute. Le refus des flash-back cèdent devant le remake de sa vie, plus impitoyable qu'en écrivant le scénario de ses mémoires en se donnant le beau rôle. Dans ce cas les souvenirs bannis rentrent au  bercail comme des exilés indésirables.[......]
Finir au fond d’une fêlure! Tout en bas de la ravine, sur un lit de sable, une alchemille fendue propose sa corole rosée. 
A la bonne heure, fin du monde. Glissement du continuum spatio-temporel comme on dit dans "Retour vers le futur".
Une heure du matin.
Après le Somport, Stéphane ralenti en quittant la départementale: faudrait pas accrocher la remorque chargée de VTT à la traine derrière la Laguna. Encore une heure de route! Steph, Fabrice, Bernard et Tom s’engagent sur le chemin de terre qu’ils ne quitteront plus jusqu’à l’auberge du cavalier français à Nocito.
Le quartet cycliste n'est pas encore parvenu à destination. 
Tom avertit, ne s’approchera pas de la falaise.

vendredi 20 avril 2012

J+1

Plus que deux ans à tirer avant la soixantaine triomphante.
Enfant, 60 ans me semblait un horizon lointain!
Cinq ans déjà, le final du triathlon d'Hagetmau!
J'y suis presque. A l'échelle d'un marathon, je suis dans la dernière ligne droite. C'est long un marathon! Surtout les 42 premiers kilomètres. 195 mètres  me sépare encore d'Athènes et je pourrai, magnifique et vainqueur, mourir sur la ligne d'arrivée.
Alors 21 grammes sortirons de cette enveloppe charnelle épuisée à la recherche de l'hébergeur pour livrer mon message. 
Réincarné en pot de Nutella, pour être sûr d'être aimé fera l'affaire!
 Ou un autre corps, en bon état, de félin, d'humain, encore un pourquoi pas, plus grand si possible car j'en ai marre de plafonner à un mètre soixante et surtout avec du pouvoir, de l'élégance, de l'intelligence, de la noblesse....
"-Là mon gars va falloir changer de sexe!
-?????"
Moi? devenir femme?
Perplexe et curieux, intrigué par ce conseil d'outre tombe, je me suis tourné dés le réveil vers cette forme féminine allongée prés de moi depuis quelques années.
Entre ses cuisses, j'ai visité ce futur appartement témoin de chair palpitante, moite et soyeuse. Timidement, j'ai progressé tranquillou de quelques centimètres (ohhhh, une vingtaine...)en va et vient dans ma promesse de dans deux ans sans la réveiller. 

jeudi 19 avril 2012

Le vieillou!



 « se dniom rojdienia Serguëi »

jeudi 12 avril 2012

Idée cadeau!



Dans quelques jours je serai vieux. Pourtant ça m’éclate d’être arrivé jusqu’ ici, indemne ! D’ailleurs si d’aucun s’avisait de me souhaiter un « Bon anniversaire !!!!!! »J’offrirais une croisière Costa au premier qui me rappellera la funeste comptabilité.
Alors, je m'offre un truc: ultime étape avant le monte-escalier, il y a l’aspirateur robot.
Un vrai truc de fainéant : le deal c’est : tu lâches le truc avant de partir au taf, et la créature d’Asimov te brique la case et retourne à sa niche pour recharger ses batteries. Génial, non ? Pas de bruit pendant qu’une petite fée silencieuse s’occupe de tout. Un peu comme la poubelle qui se vide toute seule et les chaussettes qui vont du panier à la commode sans passer par la case tes mains.
Alors tu l’essaies pour assister en direct au miracle. Et là, c’est un peu comme un copain bourré qui se cogne dans les meubles. Bien sûr, il ne vomit pas mais il ne ramasse pas ta poussière, il tourne autour! Bon, tu te casses et tu le laisses bosser parce que tu as autre chose à foutre que regarder Gilbert Montagné jouer à Colin Maillard.
Le soir, le chien est dans sa niche et le robot refait le plein sur sa base, la conscience tranquille. Bonnard : tu t’évites la promenade du clébard trop crevé d’avoir chassé le truc toute la journée mais tu es bon pour une psychothérapie de la chatte, le dos ronds et les poils hérissés, terrorisée, perchée sur une armoire et tu repasses l'aspirateur, le vrai, pour pas passer pour un con avec ton gadget, avant qu'elle ne rentre.

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